Il était beau. Oui, il était beau mais non d'une beauté de son âge. Ses traits n'étaient pas fins, il ne possédait pas la pureté du tout jeune homme ou bien l'espièglerie du grand enfant, ses oreilles étaient paraît-il un peu trop grandes, ses lèvres fines...et pourtant, il était beau. Sa beauté était faîte de mystère, une beauté presque féline. On le devinait capable de volupté comme de violence. La patte de velour et la griffe....Comme un chat il se faisait discret, mais sa discrétion, son abscente présence étaient telles qu'aucune autre fille, femme, n'osait s'en approcher de trop prés...il errait donc seul. Croyant n'avoir de moitié, il ne faisait aucun effort et il ne cherchait pas La femme, il vivait sa vie, point.
Mais, une femme l'aimait...profondémment, intensément. Elle aurait tout donné pour qu'il la prenne dans ses bras...elle le lui avait dit, écrit même, elle s'était livrée à lui, sans aucune retenue, aucune pudeur, sachant qu'elle n'avait rien à perdre....elle l'avait prié maintes fois de lui répondre mais jamais ses prières n'avaient été exaucées. L'homme restait dans le mystère, ne répondait pas, n'alimentait pas le désir ni ne la repoussait...et ainsi continuait la vie...
Elle avait perdu presque tout espoir quand un soir, l'homme et la femme furent invités à la même soirée, avec les même amis, des amis communs d'enfance. La fête battait son plein, la musique, elle, rytmait les battements du coeur de la jeune femme. La femme faisait la musique, et la musique créait la femme. Ils rirent beaucoup ce soir là, parlèrent peu, burent suffisamment pour se laisser aller...les deux êtres s'endormirent ensemble. Elle était dans ses bras et dés lors plus rien ne comptait, elle eut envie de pleurer de tendresse...Son corps à lui était chaud et doux comme le sable au soleil, ses mains fines la touchèrent avec la grâce d'un chat, tout n'était plus que volupté et caresse....Mais le soleil se leva et la félicité de la fête retomba. Le jour frappait les fenêtres et la lumière du dehors pénétra peu à peu dans la pièce. Les corps se défirent et chacun d'eux regagna son domicile et sa vie.
La jeune femme profondémment troublée s'interrogea longtemps sur les intentions de son homme, puis elle lui écrit de nouveau, comme autrefois, se mettant à nue...
"Qui es-tu homme du mystère, vis-tu parmi nous ou dans l'atmosphère, es-tu seulement sur terre ? Nous étions amis avant, et tu m'as aidé bien souvent, alors aides moi encore, une dernière fois. Que penses-tu de moi ? Suis-je seulement présente dans ta vie ou dans tes rêves ? M'accorderais-tu une chance de nous rendre heureux ? Accepterais-tu une trêve ? Ce moment si long m'ait apparu comme un instant, serait-il le premier ou le dernier ? Répond moi....pour une fois..."
Elle attendit un jour, puis deux, puis trois...une lettre arriva...elle eut peur de l'ouvrir, mais..l'espoir... Aura-t'il marquer "pour la vie" ou "c'est fini" ?
Je ne vous raconterais pas ce que disait cette lettre, seulement aujourd'hui, la jeune femme sait qu'elle préfère l'ignorance à la vérité car dans l'ignorance l'espoir est encore permis.